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Commentaries, an ongoing project whith Art historians, Architects, Artists, Philosophers and Art Theoricians who were asked to write about architecture today in relation whith the office's work. These commentaries are originally printed in a collection of individual booklets. You can find some of them on a text format on this site.
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Une image d’un certain découpage_ d’un certain territoire. Prône la deuxième dimension. Une échelle multiple, grande et petite. Une construction à travers du vide, un vide par implosion, par soustraction. Un tramage creusé. Une diversification de fonctions liées entre elles mais sans ordre préétabli. On imagine une troisième dimension plus ouverte, une liberté à la verticale. Jeu d’esprit. Pensée urbaine. Si cette image avait été récupérée dans une boîte du temps, on aurait du mal à la situerserait, elle probablement identifiée à nôtre civilisation entre les premières récoltes et aujourd’hui. Elle est archaïque en même temps qu’électronique ou digitale. Si on reprends la définition de Giorgio Agamben sur l’être contemporain, on pourrait bien dire qu’elle est contemporaine ; la clé du moderne étant cachée dans l’immémorial et le préhistorique.
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Arrêtons-nous dans ce degré d’indétermination de l’objet pour pouvoir imaginer et référencier cette image-pensée. La nature des activités de l’homme détermine la géométrie de son assise. Depuis que l’homme cultive, il est sédentaire et s’approprie de l’espace, il commence à le découper pour son contrôle et administration. C’est l’apparition de la ligne droite dans la nature et de la notion de propriété. Géométrie et propriété, lois des hommes. C’est le contrôle des deux dimensions.
Les premières villes sont des contructions dans le temps, une occupation lente de l’espace. À partir de la première grande guerre les besoins de renconstruction et aménagement de l’espace sont si grands que la donnée temporelle disparaît. C ‘est le temps des grandes rêves modernes totalisants, les master plan, les villes radieuses… Les leçons apprises dans ces années nous amèneront à des urbanismes moins naïfs et plus sensibles. Le contexte et les sciences sociales deviendront fondamentales. Mais on devra encore subir un certain échec dans l’urbanisme des années 50 et 60 (les « new towns » en Angleterre ou l’americain urban renewal et l’apparition du suburbain, en crise aujourd’hui) pour pouvoir en tirer de meilleures conclusions; Bien que les échecs soient toujours sociaux (marginalisations, création de ghettos, ségrégation, et cetera).
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C’est justement à partir des échecs politiques et sociaux de l’urbanisme moderne que naissent les utopies architectoniques des années 70. Superstudio, Archigram, Constant ou Yona Friedman ; ces utopies hippies paradoxalement se dessinent dans le contrôle absolu des trois dimensions et même dans plusieurs cas dans un contrôle des modes de vie de la société qu’elle imagine. C’est assez contradictoire avec les idéaux libertaires, même anarchiques et contrecultures de leur pensée. Mais plus qu’une volonté de réel, ils nous amènent d’une part à une réflexion sur l’aménagement de l’espace mais surtout à une critique sociale des politiques et mœurs des sociétés hypercapitalistes naissantes qui, bien sur, se traduisent dans l’espace bâti. Superstudio croyait que l’architecture radicale représentait – au-delà de n’importe quelle théorie architectonique définie – un processus continu de critique concernant la structure de la société, qui rejettait l’utilisation de la discipline aux mains des réformateurs contemporains et néocapitalistes.
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Ces utopies de gauche, communales et anarchiques sont une mise en question de l’organisation sociale et du grandissant contrôle du pouvoir économique à travers la société de consommation, comme le sont les ouvrages La société du spectacle de Guy Debord, 1967 ou Surveiller et punir de Michel Foucault (1975).
Pour s’opposer à ce contrôle de la société à travers la ville et son urbanisme, Debord propose avec son Situationisme une dérive spatiale et temporelle en opposition avec les coordonnées figées de la ville et de l’organisation du temps (métro-boulot-dodo). Une forme de liberté qui peut être reconquise pour l’individu.
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Le sujet de la liberté individuelle et collective est à la base de ces recherches urbanistiques. Liberté dans la deuxième dimension, utopie ou contrôle dans la troisième. Beaucoup de ces utopies au même moment où elles se concrétisent en image, loin de la parole, deviennent l’antithèse de ce qu’elles recherchent.
Constant dans New Babylon essaye de construire une nouvelle configuration spatiale pour une société plus libre, sans obligations et sans rapports de pouvoir. Cette mégastructure flexible dans son usage, même en ayant beaucoup de degrés de liberté et indétermination, abouti dans la dystopie. Au lieu de présenter un monde parfait, il en propose un des pires qui soient.
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Est-ce possible une définition de liberté liée à une trame ?
Croire à la ville comme lieu de liberté est peut être la plus grande des utopies et le plus grand défi aujourd’hui. La nouvelle utopie doit se concevoir pour le présent, qui lui n’admet pas de fictions. On n’a plus à créer de nouveaux modèles de sociétés futures, ils sont ici et maintenant dans les millions de personnes qui se ruent dans les villes partout dans le monde. Une radicalité est absurde devant la réalité numérique de l’urbanisation planétaire; et une rationalité complexe, de grande et petite échelle avec un système riche et flexible pourrait être, et je prends ici le titre d’un livre de Yona Friedman, une Utopie réalisable.
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Le plus grand échec des master plans modernes est un échec social. Au lieu d'être destinés à la totalité de la société, ces grands projets, majoritairement logements sociaux, sont destinés aux sections plus défavorisées. Des communautés entières sont délocalisées et mises à l’écart, créant des cités dortoirs et dans les pires des cas des ghettos. A l’intérieur de la ville ou en dehors, le problème est un problème de ségrégation. Le célèbre complexe de logements sociaux Pruitt-Igoe (1954 Saint Louis, Missouri) dont la démolition est télévisée à la fin des années 60, marque la fin des grands plans de logement sociaux financés pas l’État aux États Unis et le déclin de la ville américaine. La fuite de la classe moyenne aux suburbs et le manque de support économique de l’État pour l’entretient des ces énormes Machines à habiter, comme dans Pruitt-Iggoe, entrainent l’abandon, ce qui en découle rapidement dans la ségrégation sociale qui elle entraine la misère et le crime. L’échec n’est pas un échec architectural mais un échec politique et social.
Un project frère comme est Lafayette Park à Detroit de Mies Van der Rohe et Ludwig Hilberseimer est un exemple réussi de longement sociaux aux US qui fonctionne encore aujourd’hui.
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Fumihiko Maki (1928), architecte et urbaniste du groupe japonais Metaboliste, qui se consolide dans l’après guerre, écris avec Masato Otaka dans Metabolisme 1960 ses premières idées urbaines qui vont se développer plus tard dans « group Form » (p.294). Maki qui a étudié aux États Unis et voyagé pendant deux ans en Europe et Asie dévelope une fascination avec ce qu’il apelle les recurring vernacular urban patterns* dans différentes parties du monde. Ou comme dirait Bernard Rudolfsky, une Architecture sans architectes. De ses études et des leçons apprises, en collaboration avec Otaka, un nouveau urban planning post-CIAM apparaît. Un urbanisme qui se plie au changement, au lieu de s’imposer comme les master plan modernes, qui établi une interdépendance entre le disparate, même entre des éléments inconclus, au lieu de jouer à la hierarchie et l’isolement.
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Group Form et à la fois spontané et ancien, “une expression visuelle intuitive de l’énergie et la sueur de milions de personnes dans nos villes, de la respiration de la vie et la poésie de vivre” (p.302). Team X, Group Form et les Métabolistes font une négotiation entre le local et le global, se qu’ils apellent le “glocal”.

L’architecte et urbaniste Denise Scott Brown étudie à la AA à Londres dans les années 50 et fréquente les Smithsons et ses idées urbaines post-CIAM. Elle part étudier urban planning à Philadelphie (PENN University) sous l’influence de Peter Smithson qui lui dit que le seul endroit pour étudier l’urbanisme c’est où se trouve Louis Khan.
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Scott Brown qui elle même vient d’Afrique du Sud où l’on impose sur le local une vision globale colonisatrice, développe très tôt une double apréhension de se qui l’entoure, comme elle l’apellera plus tard, le “is” et le “ought”. Elle dévelope très jeune une conscience sur l’importance du local et essaye d’apprendre de son immédait environement, même si cela diffère de ce qu’elle apprend à l’école. Cette même vision engendrera un étude sur le symbolisme de l’architecture de Las Vegas (Learning from Las Vegas) qui est vraiement le premier étude sur la tranformation urbaine des États Unis à travers l’automobile. Son travail se traduit dans un fontionalisme évolué où l’on regarde à la vie présente et au contexte inherent. Elle mène un studio a Penn University (1963-64) appelé “FFF : Form, forces and function” et comme Maki elle regarde au groupements de villages en Afrique pour aprendre de leur organisations, en détectant les systemes qui créent des configurations.
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Maki comme Scott Brown, les deux fans de Paul Klee, sont plus interéssés dans les lignes, spaces et relations que dans la définition de formes. En refusant d’établir un control total à la façon traditionelle de l’architeture, ils agissent au même temps en tant que choreographes techniques des mouvements, éléments et potentiels,… La forme se génèrera dans le temps.
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Le projet urbain Métaboliste construit avec le plus de succès fut peut être le project PREVI à Lima (Peru) où 3 Métabolistes, Atelier 5 et Herbert Ohl se divisent le terrain pour la construction de logements sociaux. La proposition de Maki est de développer une sorte de formation ou forme génétique basée sur la transformation dans le temps. Comme les familles pouvaient être composées du nucleus basiques de 2-3 jusqu’à les 10 enfants ils décident de construire des batiments de telle façon que d’autres parts puissent êtrent ajoutées plus tard. C’est très interessant voir comment les habitants on transformé les logements dans le temps, comment le tissu urbain dans ce quartier s’est dévelopé à travers les besoins de ses usagers. Donc une question de temps mais aussi peut être une question d’échelle. Une quartier n’est pas une ville.
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Le groupe Chilien, Élémental reprends ce concept Métaboliste des années 60 qui a tellement marché chez ses voisins Peruviens et l’applique aussi dans des projets de logement sociaux, où ils donnent aux familles une unité d’habitation basique avec structure, installations et espaces minimums qui pourront se développer dans le temps. La raison de ces maisons inachevées est le besoin d’acheter le terrain où ils habitent pour ne pas être délocalisés. Ces familles y habitent depuis très longtemps mais sous forme d’autoconstruction ou favelas, donc sans être propriétaires. Ces terrains avec le temps sont devenus chers et désirés par les investisseurs. Au lieu d’être délocalisés très loin du centre, de leur travails et réseaux sociaux, dans des terrains qui n’auront jamais de valeure, ces communautés se sont organisées pour acheter le terrain et avec le peu d’argent qui leur reste pouvoir construire ces unitées basiques qui évolueront dans le temps à travers l’autoconstruction, dont ils ont déjà l’expertise. Une façon contemporaine de comprendre que les systèmes, les forces, la vie, sont plus importantes que la forme. Que la forme est générée par la vie qui s’installe et il faudrait peut être laisser les données sur place pour favoriser cette installation de la vie sur le terrain.
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Les projets plus urbains de Nina Safainia se posent sur le réel, dans une échelle urbaine sensible et se contruisent dans le temps. Sous forme de bloc, bloc d’immeuble ou bloc urbain, ils composent différents espaces à s’approprier seul ou en commun. Ils partagent une certaine recherche sur la validité et le possible succès de la matrix comme moteur d’organisation de l’espace. Mais une matrix inverse, où l’unité de base est l’espace vide et non le bâti qui organise une configuration à multiples échelles a mi-chemin entre l’architecture et un urbanisme de quartier.
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« Je ne propose pas une image de la ville, d'une manière d'être sédentaire. C'est une idée de faire des petites parties de ville, de blocs qui permettent de se positionner face à des infrastructures, mégastructures de ville de toutes formes. C'est une sorte de plug urbain sur des villes existantes du 19è aux 21è car elles essaient de se présenter d’une forme générale à la distance entre humains, l'essentiel de la matrice cognitive. C'est l'échelle de l'individu à la société. »
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Cette recherche d’une trame sans volonté totalisante et qui s’applique surtout dans la deuxième dimension, permet une liberté à l’installation du programme dans le temps et dans l’espace. On se rapproche ici d’un urbanisme de systèmes où priment les circulations, connexions et rapports entre les coordonnées inhérentes à cet organisme en désarroi. On pourrait parler d’un micro urbanisme qui s’autogénère, donnant une liberté en hauteur, à la ville et à son organisation. Dans la trame, il y a un certain degré d’indétermination pour essayer d’absorber, loin d’une façon coercitive, les contradictions de toute coexistence ou coprésence de différentes forces. Les rapports et non la forme deviennent les données de ces projets. La forme s’écoulera de l’installation des fonctions et du programme dans la trame. L’échelle est complexe, presque fractale se qui crée une sensation de communauté mais aussi un sens domestique. Une échelle urbaine en même temps qu’une échelle humaine. Si on apprends des erreurs commises dans le passé et on transforme et diversifie les échelles, on travaille à niveau de quartier et pas de ville, on complexifie les fonctions et les programmes et le système de localisation est flexible et variable, déterminé en grande partie par les forces du lieu et pas par une prédétermination administrative figée, peut être ce moment magique de liberté, de richesse sociale, peut arriver. La liberté est un fragile équilibre.
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Cristina Guadalupe Galvan, New York 2012

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